Biographie

Biographie Diplômé des Arts Appliqués à l’école Estienne à Paris, Grégoire Korganow commence sa carrière comme photojournaliste en 1991 et développe d’emblée une écriture personnelle. Il réalise pendant vingt ans des travaux pour des journaux français et internationaux de renom (Libération, New York Times, National Geographic, Marie Claire, Le monde…) Il devient membre de l’Agence Métis dès 1998, puis de Rapho en 2002. En 2001, il cofonde le magazine photo « de l’air » et crée et dirige, de 1998 à 2003, la collection de livres photographiques « Avoir 20 ans », aux éditions Alternative. Depuis 2012, il se concentre sur des travaux personnels, soutenus par des structures culturelles, des fondations et des institutions. Il est régulièrement invité en résidence et ses oeuvres sont éditées et exposées dans des lieux prestigieux en France et à l’international (Maison Européenne de la Photographie à Paris, Les Rencontres d’Arles, Visa pour l’image, Three Shadows Art Center, Beijing, Chine, Triennale de Milan, Italie, Mosaïcografia, Porto Alegre, Brésil…). Parallèlement, il enseigne la photographie en 2012 à la faculté Paris 1 ou en 2017 à l’école des Gobelins et conduit régulièrement des ateliers aux Rencontres d’Arles à l’invitation de festivals français et étranger.


En 2008, Christian Lacroix, invité d’honneur des Rencontres photographiques d’Arles, expose « A côté », un travail sur la vie chaotique de familles de personnes détenues. Cette série est la première étape d’une longue immersion dans les prisons françaises, d’abord pour la réalisation des séquences photographiques d’un film documentaire sur le CGLPL, puis pour un travail personnel sur l’enfermement en France. De 2010 à 2013, en qualité de Contrôleur des Lieux de Privation de Liberté, le photographe s’attèle à documenter la réalité des conditions d’incarcération, lors d’une immersion libre et inédite dans plus de 20 lieux d’enfermement en France. En 2015, la série «Prisons» est notamment projetée à Visa pour l’image de Perpignan, exposée à la Maison européenne de la photographie à Paris, fait l’objet d’un ouvrage (ed. Neus) et de nombreuses publications. En 2017, Grégoire Korganow poursuit son travail sur la figure de la personne détenue, cette fois depuis le dehors et par le prisme d’un projet d’installation mêlant photographie, film, et écriture, soutenu par la Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques (FNAGP), la Région Normandie et la Fondation M6.


Parallèlement et depuis 2009, il réalise des portraits de pères avec leur fils, une série intime sur le temps, l’hérédité, la fragilité des corps. C’est le premier, et à ce jour le seul des travaux du photographe, où il met en scène sa propre intimité : la série commence par deux autoportraits, l’un avec son fils, l’autre avec son père. Ce diptyque est enrichi par d’autres portraits de duos père/fils photographiés au gré de nombreuses invitations en résidence suivies d’expositions, en France de 2009 à 2015, au Brésil et en Chine en 2016. Les prises de vue du photographe font l’objet d’un film documentaire de Stéphane Mercurio, « Quelques choses des hommes » diffusé sur France 2 et récompensé par plusieurs prix. La série française est rassemblée dans un ouvrage (ed. Neus 2016).


Le travail de Grégoire Korganow sur le corps, ses stigmates et ses métamorphoses l’amène naturellement à s’intéresser au mouvement et à la performance, et à s’emparer pour ses projets du médium du film autant que de celui de la photographie. En 2014, Jean-Paul Montanari le choisit comme artiste fil rouge du festival Montpellier danse avec SORTIE DE SCÈNE, pour lequel il saisit la danse en creux sur le corps immobile des interprètes du monde entier, juste après la fin de la performance. Depuis 2013, Grégoire Korganow signe également plusieurs films de danse dont UN TEMPS DE RÊVE sélectionné au festival OVNI en 2016 ou L’INVITATION, sélectionné au Festival européen du film court de Nice en 2018. Soutenu par la Fondation Fluxum de Genève en Suisse, il tourne actuellement un long métrage expérimental, LES VOYAGEURS, sur la danse en milieu empêché.


protrait de Grégoire Korganow by © Jérôme Bonnet